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Un mémorial pour mettre des visages sur les disparus de l’immeuble effondré en Floride

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Un point sur les opérations de secours, une longue rencontre pour apporter du « réconfort » à des familles en proie à la plus douloureuse incertitude: Joe et Jill Biden sont arrivés jeudi 1er juillet en Floride, une semaine après l’effondrement d’un immeuble à Surfside.

Près d’une semaine après l’effondrement soudain de l’édifice de douze étages, baptisé Champlain Towers, du front de mer de la Floride, le bilan s’est encore alourdi mercredi, passant à 18 morts, dont deux enfants, tandis que plus de 140 personnes sont toujours portées disparues, l’espoir de retrouver des survivants diminuant chaque jour un peu plus. « Nous avons trouvé deux cadavres supplémentaires sous les gravats », a indiqué mercredi la maire du comté de Miami-Dade, Daniella Levine Cava, lors d’une conférence de presse.

« C’est avec grand regret, et une vraie douleur que je dois vous annoncer que ces deux personnes étaient des enfants, de 4 et 10 ans », a-t-elle ajouté.

Un mémorial pour mettre des visages sur les disparus de l’immeuble effondré en Floride

Lorenzo et Alfredo, Ilan et Deborah: les victimes de l’immeuble, ne sont plus des chiffres mais des noms et des visages qui ornent samedi un mémorial de fortune installé sur le grillage du camp de base des sauveteurs.Derrière les grilles, à une rue de là, de la fumée se dégage encore du bâtiment Champlain Towers amputé d’une aile, et on entend le bruit des grues qui déblaient les décombres de la catastrophe qui a fait au moins 18 morts et 140 disparus, dans la nuit de mercredi à jeudi 24 juin 2021.

Sous la photo d’Alfredo, le père portant barbe et lunettes, et de son fils adolescent aux cheveux bruns Lorenzo, la mention «DISPARUS» et un message: «Un ami de la famille me dit qu’ils étaient dans l’appartement 512».

Il y a également la photo d’un couple de personnes âgées attablé dans un restaurant, celle d’un jeune homme en costume et nœud papillon, ou d’un couple enlacé sur la plage, Ilan Naibryf et Deborah Berezdivin. Parfois, des passages de la Bible ont été inscrits sur un post-it.

Autour des photos, des bouquets de fleurs ont été accrochés et des bougies ont été placées sur le sol.

«On voit la fumée au loin, et ici les visages des disparus, ils sont maintenant inoubliables», dit à l’AFP Olivia Ostrow, une Française installée depuis 20 ans dans cette petite ville du nord de Miami.

«On met des visages sur ces 147 disparus, ces parents, ces enfants. Ce sont des gens comme nous», explique-t-elle, les larmes aux yeux.

Gina Berlin, qui habite le quartier depuis près de 30 ans, est venue prier pour les disparus. «Je suis toujours sous le choc», dit cette femme de 54 ans, dont un couple d’amis habitait la partie restée intacte de l’immeuble et a pu s’échapper.

Photos des personnes non retrouvées après l’effondrement. Cliquez!

Paix et méditation

Difficile pourtant de se recueillir au milieu du bruit des générateurs électriques et des véhicules de secours qui vont et viennent depuis le camp de base. La police a même un temps interdit à la population de s’arrêter devant le mémorial.

Quelques rues plus loin, le calme d’un parc également transformé en lieu de mémoire contraste avec le tumulte des grues.

Au coin d’une rue bordée de petites maisons, des habitants du quartier ont installé un petit mémorial sur les grilles d’un parc à chiens. Des bouquets de fleurs, des messages de soutien et les noms de plusieurs disparus, avec le numéro de leur appartement ont été accrochés aux grilles.

Dana Culvin, 53 ans, en a eu l’idée vendredi. «Je veux juste transmettre mes prières et mon amour à la communauté et spécialement à ceux qui attendent des réponses», dit-elle en référence aux familles des personnes manquantes.

«Ici, on peut trouver la paix», explique-t-elle. «Je connais beaucoup de familles qui ont un disparu, la méditation est très bien pour ressentir le calme dans votre corps et votre esprit», explique-t-elle.

En passant devant le parc, Raphael Amar marque un temps d’arrêt devant le mémorial.

Ce membre de la communauté juive de 63 ans, né au Maroc et installé à Surfside depuis 20 ans, revient de la synagogue où l’atmosphère était très lourde en ce jour de shabbat «à cause de ceux qui manquaient».

De nombreux juifs figurent parmi les disparus de l’immeuble mais ce petit mémorial «montre que nous sommes une seule communauté dans cette petite ville. Nous sommes tous des voisins, cela crée un sentiment d’unité extraordinaire».

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