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Une planète hors du système solaire pourrait avoir des traces de vie

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Les robots envoyés sur Mars – comme Spirit, Opportunity et Curiosity – sont comme les yeux et les mains des scientifiques. Avec leurs outils et instruments miniaturisés, ils analysent sur place des centaines d’échantillons de roches et de sols, après quoi ils transmettent les données vers la Terre. Le rover Mars 2020 de la NASA (en anglais seulement) nommé Perseverance, sera doté d’une foreuse pour prélever des échantillons à des endroits précis déterminés par des spécialistes. Pour la première fois sur la planète rouge, de petits échantillons seront scellés et stockés pour un éventuel retour sur Terre. Ils pourraient être récupérés et rapportés sur Terre dans le cadre de futures missions. Il serait donc possible pour les scientifiques de les analyser avec toute la panoplie d’instruments à leur disposition.

Le rover de la Nasa Perseverance s’est posé sur Mars, avec à bord, un instrument franco-américain, « SuperCam » qui doit permettre de rechercher des traces de la vie

Le but de la mission est d’y collecter des échantillons de roches qui seront rapportés sur Terre par une mission ultérieure, afin d’y chercher des traces de vie ancienne sur la planète rouge.

Chercher des traces de vie sur Mars, comme le fait actuellement la NASA, est une chose. Mais les scientifiques voient plus loin. Serait-il possible d’en trouver en dehors de notre système solaire?

Une étude parue jeudi dans la prestigieuse revue Science révèle la découverte d’une exoplanète qui pourrait posséder une atmosphère et, in fine, présenter des traces de vie.

«Le but final, c’est de trouver des marqueurs biologiques, des biosignatures, dans les atmosphères d’exoplanètes, c’est-à-dire des signes de vie sur des planètes habitables similaires à la Terre», explique à l’AFP José A. Caballero, astronome au Centro de Astrobiologia, en Espagne. M. Caballero est l’un des coauteurs de l’étude à laquelle ont contribué des chercheurs de cinq continents.

Environ 4000 exoplanètes ont été découvertes ces 25 dernières années, et il a été démontré que quelques-unes sont dotées d’une atmosphère. Cependant il s’agit «de grandes planètes gazeuses ou glacées», explique M. Caballero. Ces recherches «n’ont pas encore été menées sur les planètes de la taille de la Terre».

La découverte des chercheurs rend aujourd’hui possible l’étude d’une exoplanète «de nature rocheuse comme la Terre», qui pourrait avoir une atmosphère «ressemblant à la nôtre».

«Nous pensons qu’elle en a probablement une», dit-il.

26 années-lumière

Le nom de cette exoplanète? Gliese 486 b. Elle est environ 30% plus grosse que la Terre, mais est 2,8 fois plus lourde et se trouve dans ce qui est appelé la zone habitable autour d’une étoile.

Elle se situe à «seulement» 26 années-lumière, ce qui la place au troisième rang des plus proches exoplanètes connues en transit, c’est-à-dire sur une trajectoire où on les voit passer devant leur étoile.

Pour l’identifier, les chercheurs ont utilisé deux techniques différentes: l’observation du changement de la lumière émise par l’étoile lorsque la planète passe devant elle, et la vitesse radiale, qui mesure les «oscillations» de l’étoile sous l’influence de la gravité de la planète.

Comme Gliese 486 b est très proche de son étoile, elle ne met qu’un peu moins de 1,5 jour à accomplir son orbite autour d’elle. De plus, l’étoile (nommée Gliese 486) est très brillante. Ces deux facteurs ont rendu possible l’acquisition de beaucoup de données sur l’exoplanète.

«Nous avons passé en revue 350 étoiles naines rouges en cherchant des signes de petites planètes», souligne en s’adressant à l’AFP Trifon Trifonov, chercheur au Max Planck Institute for Astronomy et auteur principal de l’étude.

Lave et volcans

Mais la proximité de cette exoplanète avec son étoile la rend aussi très chaude [au moins 430 °C]. Elle est «parsemée de volcans et de rivières de lave», décrit M. Trifonov. Ainsi, «elle n’est pas habitable».

Toutefois, si cette planète «a une atmosphère, toutes les planètes plus éloignées [de l’étoile] avec des caractéristiques similaires auront une atmosphère», et plus de chances d’être habitables, explique José A. Caballero. Inversement, si elle n’en a pas, les autres planètes en orbite n’en auront pas non plus.

Celles-ci sont plus difficiles à détecter: comme elles sont plus distantes de leur étoile, elles passent moins souvent devant. D’où la nécessité de «commencer quelque part».

«Gliese 486 b est une découverte exceptionnelle, qui va probablement devenir la “pierre de Rosette” des recherches atmosphériques des exoplanètes rocheuses», résume Trifon Trifonov.

Il attend avec impatience le déploiement du très attendu télescope spatial James Webb, qui doit être lancé cette année. Grâce à lui, il serait possible, dans au mieux environ trois ans, de dire si, oui ou non, cette exoplanète a une atmosphère, et de donner sa composition.

Puis, peut-être, «dans une ou deux décennies», de détecter des traces de vie sur l’une de ses jumelles, rêve José A. Caballero.

Source : AFP

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