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France : l’état d’urgence sanitaire prolongé jusqu’au 16 février

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Les députés ont voté samedi soir pour la prolongation de l’état d’urgence sanitaire, comme le souhaitait le gouvernement. Mais les débats ont été animés.

Alors que deux Français sur trois sont désormais soumis à un couvre-feu nocturne pour tenter d’enrayer la progression exponentielle du Covid-19, l’Assemblée nationale a adopté samedi 24 octobre 2020 en première lecture la prorogation de l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 16 février 2021.

Le projet de loi qui vise à prolonger ce régime d’exception, redéclenché samedi dernier, a été voté par 71 voix contre 35 et devrait être adopté définitivement début novembre, après un passage mercredi au Sénat.

Respecter « à tout prix » le couvre-feu

Face à la deuxième vague de l’épidémie qui déferle sur le pays, « le meilleur moyen » de « soulager l’hôpital, c’est finalement de ne pas tomber malade », a justifié le Premier ministre Jean Castex à l’issue d’une visite à l’Hôpital Nord de Marseille.

« Cela dépend de chacune et chacun et d’entre nous » a-t-il insisté, appelant la population à respecter « à tout prix » le couvre-feu et « encore mieux, tous les gestes barrières », y compris dans la sphère privée.

Jean Castex
Compte gouvernemental, France
Comme dans 53 autres départements, le couvre-feu entre ce soir en vigueur partout dans les Bouches-du-Rhône. Pour sauver des vies. Pour nos soignants. Si leur engagement est exemplaire, notre responsabilité collective et individuelle est immense. Ils comptent sur nous, sur vous !

La veille, le président Emmanuel Macron a jugé qu’il était trop tôt pour prévoir « des reconfinements locaux ou plus larges », préférant attendre « le milieu de la semaine prochaine (pour avoir) une vision plus claire de l’impact des mesures » prises.

Mais il faudra vivre avec le virus « au mieux jusqu’à l’été 2021 », a-t-il averti.

Pression à l’hôpital

Le taux de positivité des tests ne cesse de grimper, atteignant samedi 16% contre 15,1% la veille, et seulement 4,5% début septembre. Le bilan s’alourdit aussi chaque jour, avec 138 nouveaux décès, portant le total à au moins 34 645 morts.

Et la pression s’accentue à l’hôpital, où le nombre de malades graves du Covid-19 frôle désormais les 2500 dans les services de réanimation.

« La différence par rapport à la première vague c’est qu’on a toutes les pathologies chroniques de la période hivernale à prendre en charge », a souligné sur CNews Agnès Ricard-Hibon, médecin urgentiste.

Des maires demandent l’intervention de l’armée

« On essaie d’anticiper un peu plus, un peu mieux, on a plus de moyens matériels mais pas assez de personnels soignants », a renchéri sur BFMTV Nadège Houbgbo, infirmière en réanimation à Lariboisière.

Armements de lits de réa supplémentaires, déprogrammation d’opérations, annulation de congés et appel aux volontaires… L’hôpital a sonné l’alerte générale.

Mais dans la vallée du Gier (Loire), la situation est déjà si tendue que des maires ont réclamé à l’Etat l’assistance sanitaire de l’armée pour pallier le manque de soignants, comme pour Mulhouse au printemps dernier.

Au rythme actuel, « tous les patients qui le nécessiteront ne pourront plus être admis en réanimation dans l’Hôpital du Gier d’ici 15 jours », s’alarme notamment Vincent Bony, maire de Rive-de-Gier.